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 [Abandon] Put*** de réalité. [Libre]

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Etranger
Odette Boyd

Inscription : 15/01/2013
Messages RP : 1
Emploi : Ne sait pas encore

MessageSujet: [Abandon] Put*** de réalité. [Libre]   Dim 20 Jan - 1:18

T’avais encore passé la nuit chez Peter, blottit entre ses bras, serré contre son torse. Toi ça t’étais égale qu’il se souvenait pas de toi, qu’il en avait rien à faire de toi et du foetus qu’ était en toi, qu’il ait une alliance à l’annulaire. Vous aviez la trouille tous les deux et c’était ce qui comptait, c’était ce qui t’unissais à lui. En d’autres circonstances tu lui aurais balancé des insultes jusqu’à ce que ta fierté d’adultescente ce soit un peu calmé, tu lui aurais peut-être balancé des objets, tu te serais ensuite enfuie la moue boudeuse, les bras croisés contre ton ventre dans un geste purement enfantin. Mais là tu pouvais pas te la jouer sincère, t’avais ravalé ta fierté, ravalé ta rancœur, juste pour essayer d’oublier que t’étais morte de trouille l’espace d’une nuit, de deux, en fait tu comptais rester là jusqu’à ce que le cauchemar s’arrête.

Le lendemain matin tu te réveilles, un peu dans les vappes. T’as envie de vomir, tu sais pas si c’est à cause du gosse qui squatte ton utérus ou finalement parce que t’étais bouffie de peur et de honte. Peter ronfle encore et toi tu te le regarde, t’enfiles un sourire sur ton visage et tu t’eclipses dans ta chambre comme si la nuit ne s’était pas passée. Un regard sur la potence te rappelle que nous étions vendredi aujourd’hui. Le souvenir de ton premier vendredi remonte à la surface et l’espace d’un instant tu perds ton sourire. Tu secoues la tête, une semaine que tu tirais la tronche, cachée dans les bras de Peter. Fallait que tu te reprennes, sinon la semaine suivante tu te retrouveras à gambader avec les moutons dans l’espoir qu’ils te bectent vite fait.

Pourtant t’avais pas envie de sortir. Pas encore. La pluie tombait dehors, tu savais pas où t’avais mis ton parapluie et puis, l’intérieur de l’auberge c’était jolie. Non ? Tu évitais de regarder le matelat dur, la chaise fracassée dans le coin, te mordillant le bout de l’ongle. T’étais pas encore prête, pas encore prête à affronter le village, ses habitants, la réalité, tout ça. T’étais à l’abri dans ta piaule, pour l’instant, t’évitais de penser aux monstres, à la pendaison, au fait que c’est peut-être toi qui te balanceras au bout de la corde et tu souris, pour toi-même, en faisant les cents pas dans ta chambre. Si Pamela était là elle te foutrait un coup de pied aux fesses, tellement elle te trouverait chiante et niaise.

Il fallait que tu sortes finalement. Pas dehors, pas encore, non, les couloirs de l’auberge ça te branchait plus. Puis t’avais faim, peut-être que tu trouverais une miche de pain perdue sur la table ? Tu te changes, rapidement, puis te glisse en dehors de ta chambre après avoir regardé à droite et à gauche avant de te mettre vraiment en route. Tu passes ta main sur ton ventre machinalement, en chantonnant gaiment, enfin tu l’espérais, te raccrochant finalement à ta bonne humeur pour ne pas sombrer.

La salle commune semblait vide. Tu t’engageais, silencieusement cette fois, vers la table pour y aller récupérer un quignon de pain avant de te t’asseoir sur une chaise, le ventre en avant et une main négligemment posée dessus. Tu soupires mignardement, finalement tu te sentais déjà lasse de ta visite de la salle commune. Quand t’y réfléchis tu te dis que si tu survie ce soir, les jours suivant ressembleront à ça, avec toujours la peur, les nausées, l’ennuie qui partage le soulagement. Putain de réalité.
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Villageois
Adam C. Walker

Inscription : 26/01/2013
Messages RP : 4
Emploi : Médecin.

MessageSujet: Re: [Abandon] Put*** de réalité. [Libre]   Dim 10 Fév - 19:50

Devoir se lever alors que la limite entre la nuit et le matin est indécise est toujours un moment difficile à passer, mais c'est encore pire lorsque l'on a pas fermé l'oeil depuis de longues heures, ce qui était le cas d'Adam. La seule chose qui gardait ses yeux ouverts étaient la faim qui le tiraillait. Il aurait pu sortir de son cabinet et faire quelque chose en cherchant dans un placard, mais il y avait de fortes chances qu'il tombe sur l'autre femme qui vivait ici, et qu'elle le foudroie du regard en l'accusant de gaspiller leurs ressources. Penser à sa femme fit apparaître un rictus sur son visage. Ses parents n'auraient pas pu faire pire choix. Elle rêvait de grandeur et de luxe, mais il n'avait aucune intention de combler ces rêves, futiles à ses yeux. Ils s'étaient donc accordés sur un mode de vie simple : se parler et se regarder le moins possible, en essayant de s’accommoder à la "personne de trop".

Affamé et affaibli par la fatigue, le médecin se leva lourdement pour mettre sur ses épaules son épaisse cape et attraper sa canne; il pleuvait depuis la veille au soir, il devait donc faire froid, et le sol devait être glissant. Rien de très réjouissant. ... A vrai dire, ces quatre mots pouvaient facilement résumer la vie à Collinstown. C'était loin d'être ennuyeux, avec toutes ces immondices qui hantaient le village, mais il était rare qu'un évènement arrive à faire sourire, à moins d'apprécier les pendaisons quasi-hebdomadaires. Dire qu'il n'avait d'abord pas pris au sérieux la malédiction de l'Etranger...


La simple décoration aux couleurs chaudes de l'auberge le réconforta un peu, même si il se rappelait de la date; Vendredi. Il avait vu plusieurs étrangers arriver, il ne se sentait donc pas trop en danger. Il arrivait d'ailleurs des semaines où personne n'était sacrifié, chose rare mais qui avait le mérite d'être remarquée. Le plus étonnant aux yeux du praticien, c'était que des étrangers continuaient justement de venir, malgré les rumeurs qui devait exister. On n'avait jamais vu un étranger quitter le village... Les hameaux et les villes des alentours avaient bien du remarquer que personne n'était jamais reparti de ce lieu maudit, non ?

Perdu dans ses pensées, il demanda à l'aubergiste seulement un verre d'alcool fort; se remémorer les dernières exécutions d'étranger sur la place publique avait réussi à couper son appétit. Jetant quelques pièces sur le comptoir, il alla s'installer à une table dans un coin de la salle, but d'un trait le breuvage qui brûlait sa gorge, et s'endormit sans même s'en rendre compte, succombant à la fatigue accumulée depuis plusieurs jours, et restant ainsi pendant tout le temps où la nuit s'acheva complètement et où le matin put réellement commencer.

En ouvrant les yeux et en se redressant, il aperçu une silhouette qui lui tournait le dos. Féminine. Long cheveux châtains. Grande, fragile. Ses yeux s'attardèrent sur le dos de sa tête quelques instants, avant de remarquer son ventre rebondi. Enceinte, donc. Elle avait l'air d'une étrangère. Après avoir jeté quelques coup d'oeil il se rendit compte qu'il n'y avait personne d'autre. Aucun risque d'être suspecté de s'allier avec ces "foutus étrangers". Et puis, le morceau de pain qu'elle a posé en face d'elle a l'air vraiment appétissant, après une nuit de jeûne. Réflexe stupide, de vouloir s'emparer de la première chose comestible que l'on voit alors qu'il devait y en avoir d'autres, mais après tout, parler pourrait peut être dissiper l'angoisse qui s'installait toujours le vendredi.

Il se leva sans attendre, et s'installa sur une chaise, face à la demoiselle, s'emparant du quignon de pain sans demander son avis.

« Excusez moi mademoiselle, mais je crois que ceci m'appartient. Il croqua une bouchée dedans - le pain était presque rassit - et le reposa immédiatement. Apparemment non. Bon courage pour manger ça. »



« When a doctor does go wrong he is the first of criminals. He has nerve and he has knowledge. »
Sir Arthur Conan Doyle.

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