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 Prends un siège, gamin

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Villageois
Léo Dool

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MessageSujet: Prends un siège, gamin   Sam 29 Déc - 18:10

Le jour s'est levé sur Collinstwon il y a de cela quelques heures déjà. Léo était habillé comme à son habitude, assit sur une vieille chaise posée devant la fenêtre. Les mains jointes sur ses genoux, il observait les alentours. La forêt garda un air maussade, malgré un soleil timide. Le Devour ne semblait pas vouloir venir pour l'heure, peut-être que sortir un peu ferait du bien au jeune homme...?
La veille il n'avait rien avalé, si ce n'est un peu de liqueur. La gnôle était tombée directement dans sa panse, le rendant un peu confus avant qu'il n'aille se coucher. C'était un de ces instants, où libre du regard des autres ou de n'importe quelle indiscrétion, il a eu l'audace d'espérer que ce n'était encore qu'un de ces mauvais rêves, et qu'en réalité, il était bien en 1882... Mais bien sûr que non. Il le savait parfaitement. La potence qu'il a entraperçue par la fenêtre, avant de détourner lâchement le regard, était comme un monument dédié à ses actes abominables. Non, il allait finalement rester chez lui aujourd'hui...

Pour s'occuper, il fouilla son étagère, comblée de livres relu un nombre de fois incalculable. Léo a prit tous les livres de cette fichue bibliothèque, ses yeux sont passés sur les mêmes lignes encore et encore, presque en espérant trouver un nouveau point de vue, une idée, une phrase ou une tournure qui lui avait échappé jusqu'à maintenant. Mais rien ne changea. Le livre dont il se saisit avait été amené par un voyageur qui s'égara à jamais à Collinstown. Cet ouvrage, "Dumb Witness" de Christie, ne restait qu'à ses yeux que comme une autre preuve que le monde extérieur avançait et qu’eux non. La date de l'éditeur l'en informait qu'encore mieux.

Restant debout, devant son étagère, il ne bougea que lorsque la faim ne fut que trop insupportable. Inutile de passer le repas ce midi, Léo sentait déjà quelques vertiges à force de refuser de se nourrir. Il rangea le livre et s'enquit de trouver de la nourriture. Sa cuisine vide, comme toujours en réalité, le fit soupirer. Il devait trouver un endroit capable de lui offrir de la nourriture. Le pêcheur, le chasseur ? Non, l'un est en mer et l'autre ne tenta pas franchement le messager... Il décida donc se rendre chez une "vieille" connaissance. Un gamin du village qui survit très bien seul. Il alla donc rendre visite à Allan, toquant à son carreau. Mais aucune réaction ne se produisit. Léo fit alors le tour de la petite bâtisse pour découvrir le jeune Allan dans ses plantations.

"Salut gamin. Tout va comme tu veux ?"
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Allan Shearer

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MessageSujet: Re: Prends un siège, gamin   Sam 29 Déc - 19:29

Un rayon de soleil se posa sur une paupière. Une paupière bien étrange d'ailleurs, car brûlée. a paupière ne bougea pas, mais sa collègue de gauche si. Allan s'éveilla en baillant, sourire au lèvres. Encore une belle journée pleine de vie et de couleurs ! Qui sait, peut-être même de sourire ? En tout cas, Allan se leva, mit son fidèle cache-oeil, et alla se préparer en chantonnant.

"Merciii, merci la Vie. De m'aavoireuh gardé. Promiiis, je s'rais gentil. Gardes-moii encore un peu..."

Il avait inventé cette chanson peu après la mort de ses parents. Ça lui permettait de garder le sourire et jusque là, elle lui avait porté bonheur. C'était important d'avoir le moral, dans une ville aussi triste. Un mort par semaine... c'était pas un endroit pour les enfants ! Heureusement que son travail lui a permis de devenir un peu adulte, pour accepter les choses. Une fois près, il attacha ses cheveux gris et s'aventura dehors. Mais pas n'importe où : dans son jardin ! Il y passait ses journées, et c'était sa fierté. Il n'y avait pas de barrière, aussi tout le monde pouvait venir, mais les cauchemars le laissait tranquille -tout du moins, pour l'instant... C'est vrai que le Conseil faisait très attention à ce qu'il y ait des sacrifices. Comme ça, les cauchemars ne duraient pas longtemps. C'était vraiment gentil aux yeux d'Allan, mais il se sentait très mal pour les pauvres qui étaient tués. Enfin, c'était la vie à Collinstown. Après avoir arrosé ses fleurs, le jardinier alla voir ses carottes. C'était le meilleur moment pour les récolter. Grâce à une astuce apprise par son papa, il put ramasser les bonnes carottes bien grosses. Les mangées furent mises à part, et les "trop jeunes" -plus très nombreuses en cette période- attendront leur tour. Il venait de finir, et commencer à ramasser d'autre produits d'hiver quand une voix résonna derrière. Il n'y avait au village qu'une personne pour le surnommer gamin.

"Léo ! Chouette Chouette Chouette ! J'suis content de te voir !"


Léo Dool, le messager du Conseil, était un proche voisin d'Allan. L'enfant voyait en lui un très bon ami -bien qu'il faisait peur à voir les soirs de sacrifices. Il finit en vitesse sa cueillette avant de soulever son panier plein de carottes, de choux et de poireaux

"Ben ca va. Faut pas croire que l'hiver est une saison vide : y a plein de trucs qui poussent. Et toi ca va ? J'peux faire quelque chose pour t'aider ?"


Il ponctua sa question de son éternel grand sourire. A croire que rien ne pouvait gâcher la bonne humeur de ce petit jardinier.
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Léo Dool

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MessageSujet: Re: Prends un siège, gamin   Sam 29 Déc - 20:19

Léo s'approcha doucement du gosse, faisant attention aux plantations. Allan passait tellement de temps et y mettait tant d'entrain, cela aurait presque une allure de crime pour cet enfant que de saccager, même involontairement, son jardin. Un coin de Paradis et d'évasion pour lui, peut-être ? Le messager ignorait ce qu'il en été réellement et ne voulait pas chercher à le savoir. Il avait juste dans l'idée qu'Allan continuerait à sourire malgré tout, si ce lopin de terre venait à être détruit.

Arriver à hauteur du garçon, Léo lui ébouriffa simplement les cheveux. Il avait du mal à se dire qu'il pourrait bien lui serrer la main, depuis le temps qu'ils se connaissaient, et même par rapport à son âge. Mais le physique d'Allan paraissait bien trop innocent, enfantin, pour que Léo puisse l'imaginer comme un véritable homme et adulte de plus de 100 ans. Mais qu'importe cela, car c'est toujours un siècle d'expérience pour ce gosse-ci. Tout ce temps qu'il a passé à prendre soin de la flore, inlassablement, en souriant même. Toutes ces années où il apprit à faire pousser les meilleurs légumes qui soient. Léo aimait beaucoup cuisiner les produits du garçon, sachant que ce serait toujours un régal.

"Je suis venu m'assurer que tu mangeais bien. Tu veux que je fasse la cuisine pour nous deux ?"

Léo avait prit cette habitude depuis un bon demi-siècle. Il s'invitait à la table d'autrui, mais surtout à celle d'Allan. Il était simple et reposant. Il ne posait pas de questions inappropriées, ou à toujours parler du vendredi. Non, il préférait vivre paisiblement et avec le sourire. Cette bouffée d'air frais qu'était Allan dans ce village était importante pour lui. Un peu comme une mascotte, Collinstown perdrait son seul sourire sans cet enfant. Déjà que cette bourgade n'avait plus grand chose, si elle perdait son semblant de joie de vivre, cela ne serait que plus déplorable et triste.

En attendant la réponse, qui jusque-là fut toujours positive de la part du gamin, Léo observa ses légumes tirés fraîchement de terre. Ils avaient l'air bon et soigneusement surveillés durant leurs pousses. L'exécutant du conseil en avait presque l'eau à la bouche, retenant autant que possible son ventre de gargouiller.
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Allan Shearer

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MessageSujet: Re: Prends un siège, gamin   Sam 29 Déc - 21:22

Léo s'approcha en faisant bien attention de ne pas écraser les plantations d'Allan. Intérieurement, le petit le remerciait beaucoup. C'était le travail de toute sa vie, ainsi que sa fierté. Il n'en avait pas l'air, et faisait tout pour l'oublier... Mais il fallait bien admettre qu'Allan n'était vraiment si jeune : cela faisait près de quoi ? 100, 120 ans qu'il vivait piégé par le temps. Peut-être même plus. Mais, si le temps n'affectait pas son physique, il n'affectait pas non plus son mental ni sa nature d'enfant. Preuve en est, Léo continuait de lui ébouriffer les cheveux en guise de salut. Cette drôle d'habitude... Plus petit, il détestait qu'on lui fasse ça. Mais depuis la mort de ses parents, Allan trouvait ce contact rassurant. Ainsi c'est pour ça qu'il était venu : Léo proposa de cuisiner.. Il était donc si tard ? Que le temps passait vite quand on s'amusait -ou travaillait, mais ce travail était un tel amusement ! Allan hocha la tête vivement : La cuisine de Léo était excellente. Et puis c'était toujours agréable de passer du temps avec lui. Comme avec tout le monde en fait, mais c'était super quand même. Et puis lui, il ne lui parlait jamais de ses parents, ou bien de comme quoi un gamin pouvait pas gérer un grand jardin tout seul... Ça c'était énervant, ceux qui pensaient qu'un enfant pouvait pas être un bon jardinier.

"Ce serait trop génial ! Alors voyons... Là j'ai des carottes, des choux, des poireaux... J'ai encore de la soupe d'hier soir, faite avec des tomates, et il me reste des pommes, cueillies hier. "

Allan connaissait ses récoltes par cœur. Une astuce de base pour être sûr de toujours avoir de quoi manger. Et surtout, être sûr que LES AUTRES aient de quoi manger. C'était le plus important, les autres, surtout en cette période. Autant en matière de nutrition que de bonheur (et quoi de mieux qu'une bonne soupe chaude servie avec le sourire ?) Allan fit signe à Léo de le suivre, et fila jusqu'à la porte avec ses légumes. Le temps ayant laissé ses marques, le petit garçon n'avait même pas besoin de regarder ses pieds : ils restaient parfaitement dans le couloir. Allan entra chez lui, laissant la porte arrière grande ouverte, et posa son chargement sur la table. Il ouvrit ses placards pour voir ce qu'il avait en plus de ses propres récoltes.

"Normalement je dois avoir encore du poisson... Je l'ai bien salé pour qu'il reste frais, t'en fais pas !"

Même pour lui, c'était dur de vivre en ne mangeant que des légumes. C'est pourquoi de temps en temps il aimait s'offrir le luxe de s'acheter du poisson. Pour la conservation : un coin frais et un bon salage, rien de bien sorcier quand la moitié de son travail était de savoir garder un produit frais longtemps. Déjà Allan sautillait à l'idée de manger avec son ami -srtout si l'ami en question cuisinait, ça le changeait un peu. Malgré ses habitudes, Allan effaça son sourire un instant en se tournant vers Léo.

"Dis un peu... Il date de quand ton dernier repas ?"

BOn, ce serait pas la première fois qu'il se ramènerait mort de faim, et sûrement pas la dernière. Mais l'enfant s’inquiétait de sa santé -tout en faisait tout pour ne pas avoir l'air inquiet. Si seulement il y avait un moyen de rendre Léo un peu plus à l'aise... Au moins qu'il se nourrisse correctement tout les jours... Décidément, heureusement qu'ils habitaient juste à côté l'un de l'autre.
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Léo Dool

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MessageSujet: Re: Prends un siège, gamin   Dim 30 Déc - 3:25

Léo suivi lentement le petit garçon dans sa cabane. Alors non, il n'y a rien de suspect, le messager ci-présent n'avait rien à voir avec un célèbre ours. Donc Léo referma la porte sur son passage et rejoignit Allan dans sa cuisine, prenant compte de tous les ingrédients qu'on lui listait. Il y avait de quoi faire un excellent bouillon ou un poisson avec sa sauce ? Qu'importe en fait, tant que cela restait nourrissant. Le jeune homme aide le gamin à attraper le poisson dans son salage, ne pouvant au passage s'empêcher de dire au garçon de faire attention au sel, corrosif pour la peau. Allan avait plus de 100 ans, il devait le savoir depuis le temps, sérieusement. Mais Léo avait cette difficulté à le voir aussi âgé et garda donc ce ton protecteur envers lui.

Après avoir commencé à laver les légumes et préparer le poisson, Allan se remit à parler. La phrase qu'il sortit dérouta un peu Léo, mais rien de bien grave. C'était surtout la surprise que la question vienne de lui. Léo se tourna donc vers le gamin et avant de répondre, son ventre le prit de cours et gargouilla. Esquissant un sourire vaguement gêné, il dénoua sa langue à nouveau.

"J'ai pas manger du tout hier, et avant-hier... C'était limite. Mais ce n'est pas important Allan. Aujourd'hui, on peut manger ensemble.

L'exécutant se remit à couper les légumes et à faire bouillir une casserole. Après quelques minutes un rien silencieuse, où il avait espéré que le garçon ne s'inquiéterait pas davantage, Léo finit par s'asseoir en attendant de pouvoir prolonger la préparation du repas. Léo fouilla sa poche et mit son paquet de cigarettes sur la table, regardant le jeune Allan. Ce n'est pas comme si le tabac pouvait le tuer avec cette malédiction, sinon, un certain membre du conseil serait enterré depuis très longtemps, mais avant d'allumer sa clope, il voulait savoir si ça gênait ou non le garçon. S'en remettant donc à son jugement s'il allait brûler sa dose de goudron ou non.
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Allan Shearer

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MessageSujet: Re: Prends un siège, gamin   Dim 30 Déc - 10:37

Allan déglutit... Un seul repas il y a deux jours. Léo devait vraiment faire plus attention. C'est vrai que mourir de faim n'était pas très plausible avec les cauchemars autour, mais c'était pas une raison. Enfin, l'enfant savait que son ami n'aimait pas les questions indiscrètes. Il le laissa donc cuisiner en silence. Allan se mit à côté de Léo, sur la pointe des pieds, pour l'observer préparer le repas.

"De toute façon, j'le savais déjà pour le sel... J'fais très attention, j'te promets."


Enfin le bouillon sur le feu, Léo alla s'asseoir et sortit son paquet de cigarette. Allan se demanda pourquoi il ne fumait pas tout de suite, puis comprit son regard. C'était gentil de le laisser choisir... Allan sautilla jusqu'à la fenêtre qu'il ouvrit en grand, profitant de l'occasion pour regarder la potence... Que c'était bête et angoissant d'avoir laissé ça. Comment sourire et faire sourire avec un truc aussi triste au milieu du village ? On souffrait déjà bien assez avec les cauchemars et les sacrifices du vendredi, pas besoin de démoraliser les autres jours. Allan détacha son regard du funeste mémorial et hocha la tête à son ami. C'était chouette de pouvoir discuter avec les gens même sans parler. Allan resta immobile un instant, gêné par le silence... Puis son visage s'éclaira à nouveau. Il sortit dans son jardin en piaillant :

"Je reviens ! Oublies pas le repas !"

Comme s'il pouvait, il était venu pour ça. Léo n'allait quand même pas oublier alors qu'il était seul avec sa casserole. Pendant ce temps, l'enfant alla cueillir quelques fleurs et composa en vitesse deux jolis bouquets. Il courut jusqu'à l'entrée de sa maisonnette déposer le premier bouquet et revint par la porte arrière mettre le second bouquet sur la table. Il bredouilla en souriant, comme s'il fallait s'excuser pour son geste :

"C'est pour égayer un peu... Et puis ça fait joli non ? Ça c'est une bruyère et ça, des pensées. Si tu veux tu pourra en prendre pour chez toi. Au fait c'est prêt ?"

Il dû s'arrêter quand il se rendit compte qu'il n'avait plus le moindre souffle. A force de parler beaucoup et d'une traite, il fallait s'y attendre. Mais Allan était fier de son improvisation. Il s'installa sur une chaise à peaufiner son bouquet d'hiver, complétement absorbé par sa tache. Il n'entendait même son ventre qui commençait à réclamer son paiement.
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Léo Dool

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MessageSujet: Re: Prends un siège, gamin   Dim 30 Déc - 11:43

Il était inutile de fixer le garçon pour comprendre que la réponse de l'adulte ne le laissa pas indifférent. Avant reconnu comme un cordon bleu dans le village, on peut facilement supposer que Léo aurait une carrure bien plus développée s'il mangeait à sa faim durant ce dernier siècle, plutôt que de développer des carences. Maintenant, il ne cuisine plus tant que ça, et n'en viens à se nourrir correctement que les jeudis et vendredi surtout. Combien de fois, depuis son travail d'exécutant, on a retrouvé Léo évanoui quelque part...? A l'auberge, sur la place du village, parfois même dans sa maison. Il avait eu la "chance" qu'une personne chercha à le voir dans un moment pareil. Au moins, sur l'ensemble du village, c'est pas le jeune homme qui grignote la plus grande part de nourriture.

Allan autorisa donc Léo à fumer. Ce dernier ne pensait pas que le garçon lui aurait franchement interdit, mais c'était quand même respectueux de demander. Retirant une cigarette du paquet en la pinçant par le filtre, Léo l'amena à ses lèvres et sortit la flamme de son briquet, tirant enfin sa première bouffée, le temps qu'Allan fasse son petit tour dehors. Lorsqu'il demanda à ce propos à Léo de ne pas oublier le repas, il hocha simplement la tête une seule fois, juste le temps qu'il fallait à Allan pour sortir de son champ de vision.

Le jeune homme se leva donc et s'approcha de tout ce qui restait, et finit de tout faire cuire en s'assurant que rien n'était sur le point de brûler. Pour patienter le peu de temps de cuisson qu'il resta, Léo en profita pour mettre la table. Depuis le temps qu'il venait ici, il savait où se ranger quoi. C'est alors que le marmot revint avec des fleurs, pour "égayer" qu'il disait. Léo n'en avait cure pour être franc, mais si cela faisait plaisir à Allan, autant ne pas plomber l'ambiance. Avant de lui répondre, le messager tira une nouvelle bouffée de sa clope.

"Tes bouquets sont magnifiques, mais je te les laisses. Chez moi, ils faneraient beaucoup trop vite. Et comme ça, ça me donne une excuse pour revenir ici bientôt ! Allez, prends un siège, gamin, c'est servi."

Léo éteignit sa cigarette après une ultime inspiration dans un bol à part, et apporta un bouillon tout chaud à l'assiette d'Allan, avant de se servir soi-même après. Il reposa la casserole dans la cuisine ensuite, et invita donc Allan à manger en faisant entendre son estomac qui grognait et un "Bon appétit".
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Allan Shearer

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MessageSujet: Re: Prends un siège, gamin   Dim 30 Déc - 13:46

Allan remercia son ami du regard. C'était un peu idiot et égoïste, mais il adorait qu'on complimente ses créations florales. Il essayait de faire comme sa mère autrefois, mais c'était dur d'arriver à son niveau... Pour être franc, il ignorait s'il l'avait dépassé ou non... Le temps a effacé quelques souvenirs, dont les travaux de sa mère. Mais il restait persuadé qu'il avait encore du chemin à parcourir. C'était ça la vie d'enfant : chercher à atteindre ses rêves... Même s'il n'était techniquement plus enfant, mais passons. Il n'y a rien de plus triste que de se penser adulte quand on ne l'est pas.

Léo avait déjà mis la table. Il commençait à bien connaitre la maisonnette du jardinier. A force de venir y manger... En plus, Allan a déjà vérifié : chez lui, c'est d'un triste ! Pas la moindre couleur, pas la plus petite fleur... Ca ne l'étonnait pas que le messager viennent ici. Pourtant le petit insista, tout en se mettant à table :

"Ca ferait si joli pourtant... Je pourrais faire un petit pot pour que tu les mettes à ta fenêtre... Tu sais, c'est pas si dur de s'occuper d'une plante."

Il s'interrompit quand Léo lui mit le bouillon dans son bol. Un doux fumet s'en échappait. Foi de petit garçon ça sentait bon ! Allan attendit que son ami s'installe à son tour et réponds gaiement à sa politesse avant de se servir une énorme cuillerée du bouillon, qu'il avala d'un trait. C'était rudement chaud, au point de brûler un peu la gorge. Mais ça restait bon et agréable.

"Miam, c'trop bon ! J'adore quand tu viens faire à manger... Ah oui c'est vrai les fleurs ! AU pire je passe chez toi de temps pour m'en occuper. Maman disait toujours que les fleurs c'est le baume du cœur... Bon même maintenant j'ai toujours pas compris, mais c'est chouette comme phrase. Ah pardon, je sais que je devrais pas parler de maman... Mais je parlais vraiment d'elle puisque je parler des fleurs c'est pas pareil. Il te faudrait des fleurs colorés, le mieux serait celle du printemps mais comme on est pas au printemps t'auras des fleurs d'hiver, mais c'est joli aussi..."


Il parlait tout en avalant son repas, ce qui lui donnait un air comique. En plus, une mèche rebelle s'était glissée devant son œil gauche, lui donnant une visibilité quasi nulle. Il ne s'en inquiétait pas, absorbé par ce qu'il disait et par le repas. Dès que son bol fut vide, il leva la tête vers le grand, des traces de soupe sur les lèvres lui faisant un second sourire au dessus du premier. Pourtant il n'avait mangé qu'à la cuillère, mais quand on parle en même temps... Il s'en rendit compte et retira les traces avec la manche de sa veste, tout en demandant à moitié hilare -demandez pas pourquoi- :

"Y en a encore dis ?"
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MessageSujet: Re: Prends un siège, gamin   Dim 30 Déc - 14:18

Un chou craqua sous sa semelle trouée et usée. Puis un autre. Puis d'autres légumes. Il ne le remarqua pas. Il ne remarquait plus rien, à part ce qui l'intéressait au moment présent. L'odeur l'avait attiré et, bien que son estomac n'existait plus, remplacé par un trou béant qui lui déchirait le ventre, il avait faim. Du moins, c'est ce à quoi cela ressemblait. Une faim primaire. Une faim meurtrière.

Ses yeux brillaient d'une lumière jaune et morbide sous son chapeau de paille en lambeaux alors qu'il fixait ce qui se dressait droit devant lui. Des gestes simples, guidés par son seul instinct. Si bien que rien ne pouvait, que rien ne pourrait l'arrêter. Pas même la pluie qui tombait, pas même l'orage qui grondait.

Le revenant, qui n'avait plus de paysan que la vague ressemblance, se traînait lentement jusqu'à la porte arrière grande ouverte, traçant de la fourche qu'il tenait dans sa main décharnée de larges sillons boueux dans la terre. En silence. Dans un silence de mort.


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Léo Dool

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MessageSujet: Re: Prends un siège, gamin   Dim 30 Déc - 16:43

Quel moment de calme agréable... Léo en aurait presque oublié que demain... Il enverrait une personne à la potence sous ordre du Conseil du village. La nourriture était bonne, préparée avec d'excellents produits du terroir. La compagnie, bien que très bavarde, en était rassurante, de par le visage souriant qu'on lui montrait. La météo était calme... Enfin, jusqu'à maintenant, Léo remarqua qu'une pluie se mit à s'abattre sur Collinstown. Sans doute glaciale et tonitruante, le messager en frissonna. Il n'aimerait pas à être dehors par ce temps. Peut-être même que juste rentrer chez lui le tremperait jusqu'aux os. Sans doute qu'il allait rester avec Allan encore un moment, ne serait-ce que pour attendre que les cieux daignent se calmer, ou même pour rester encore un peu avec le gosse. Qu'ils puissent fuir chacun leurs solitudes.

A terme, Léo écouta tout ce que disait Allan, ce n'était pas très passionnant ni même important, mais cela convenait à l'adulte. Il était satisfait d'avoir ce genre de conversation, plutôt que de ressasser inéluctablement ce qui se surgit chaque semaine. Surtout que... qui mieux que Léo pour comprendre toute la souffrance à endurer, que de livrer quelqu'un à la Mort, sans arrêt ? Même si à ce moment, ils sont aussi bien vu comme des sangliers ou des brebis par le messager. Ce ne sont plus des hommes ou des femmes que l'on traîne de force sur la grande place, mais du pur bétail. Des étrangers qu'on parque dans une auberge, et on en tire un au sort chaque vendredi. Et c'est Léo, encore et toujours lui, qu'on envoie les chercher. Cela ferait presque triple emploi avec un "berger"... Un berger bien funeste... Combien de ses victimes l'ont supplié pour rester en vie...? Combien lui ont proposés richesses, pouvoir, amour, sans que cela ne résonna jamais à travers l'âme de l'exécutant...? Cela fait plus d'un siècle que Léo a pour mission de "protéger" le village. Compter le nombre de semaines dans un an et multiplier cela par 100, ça donnera une idée générale de ce qu'à accompli Léo pour assurer la survie du village, à sa façon...

"Bien sûr qu'il en reste. Mais ne te gaves pas trop maintenant, laisses t'en un peu pour avoir à manger ce soir, Allan."

Léo se leva, prêt à resservir le gosse, mais dans ce geste, une masse informe apparut dans sa vision périphérique. Il reposa l'assiette sur la table et regarda par la fenêtre, doucement. Il plaça son index devant ses lèvres pour signifier qu'il désirait le silence à Allan, l'espace d'un bref instant. Il ne vit rien de prime abord, jusqu'à ce qu'un revenant surgisse brusquement, faisant sursauter Léo. Un pas en arrière, il espéra que le garçon n'avait rien vu. Il bloqua rapidement la porte avec une chaise sous la clenche, et se tourna vers Allan, s'agenouillant à côté de lui et lui tenant les épaules.

"Cela risque d'être dangereux quelques instants, Allan. Caches-toi quelque part, je m'occupe de tout. Allez, va !"

Léo se redressa et sorti part une fenêtre opposée de là où était le monstre. Si seulement il n'avait pas plu à cet instant, il aurait peut-être pu l'entendre arriver de plus loin. Malédiction ! Il s'agissait d'un terme très employé, ici... L'exécutant ouvrit son vêtement, et arracha son couteau de combat de son étui. Il se rapprocha discrètement du revenant, espérant sincèrement ne pas avoir attiré son attention. Ce n'était pas le premier à venir ici, et encore moins le seul qui avait croisé la route de Léo. Il pouvait le gérer et même l'abattre.

Serrant son couteau dans sa main droite, il se remémorait le coin. Il y a des pierres, elles ne doivent pas encore être glissantes. Eviter la boue. Inutile de chercher à déjouer son attention, c'était un revenant. Se méfier d'un geste brusque avec la faux. Son premier réflexe sera de la mettre en avant. Viser le bras qui tient la faux, puis prendre de la distance. La façade de la maison empêchera une attaque aisée par la gauche, il faudra donc favoriser la droite et dérober son autre bras. Une balayette pour le mettre à terre dans la confusion. L'immobiliser avec son corps, et trancher sa tête. Léo n'était face qu'à... Du gibier ! Il surgit de sa cachette pour effectuer le scénario qu'il venait de se créer, emmenant cette atrocité au sol, et la renvoyant dans l'au-delà par la même occasion.

Essoufflé et trempé, Léo faillit vomir à l'odeur. Cette odeur de mort pestilentielle qui émanait d'eux ne le laisse jamais insensible. Mais le messager s'empêcha de le faire, gardant tout dans sa bouche, s'obligeant à ravaler. Il venait de manger une nourriture précieuse, partagée avec un ami. Il ne devait pas la gâcher. Et une fois son dégoût profond surmontait, il lâcha négligemment à la tête tranchée...

"C'est la deuxième fois que je te tue, non...?"

Son couteau bien en main, il taillada le visage du monstre, afin qu'il soit impossible de l'identifier. Si jamais c'était le père d'Allan, pensez donc pour cet enfant ! Léo ne voulait pas de ça pour qui que ce soit, et coupa oreilles et nez, sortit les yeux, fracassa les dents, entaillant la tête du revenant de part en part ! Ses vêtements parfaitement sales et puants, il retira sa veste, pour recouvrir le cadavre. Il laverait ça et empêcherait Allan de retourner dans son potager le temps qu'il n'y ait plus de trace. La pluie pourra effacer tout ça. Il traîna le cadavre un peu plus loin, derrière quelques caisses, hors du champ de vision de la maison. Puis il rentra à l'intérieur à nouveau et retrouva le gosse, sans être capable pour l'instant, d'aligner d'autres mots...

[HRP : Je dois dire que je ne m’attendais pas à me servir de mon couteau lors de mon premier RP...]
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Allan Shearer

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MessageSujet: Re: Prends un siège, gamin   Dim 30 Déc - 17:23

Allan sifflotait en attendant que Léo le resserve. Au pire, s'il finissait... Il se ferait autre chose ce soir. Lui aussi se débrouillait bien après tout, sa maman lui avait tout appris. A part durant les visites de Léo, il faisait tout ses repas, et en faisait même de trop au cas où quelqu'un viendrait. Souvent c'était des étrangers qui ne supportaient plus les repas de l'auberge, ou l'ambiance oppressante à leur égards. Son assiette se reposa déjà... et vide. Quand Léo s'interrompait dans quelque chose, c'était en général mauvais signe. Allan dégagea son œil valide et se leva sur sa chaise pour voir à la fenêtre. Il y avait quelque chose dans son potager, en train de saccager ses beaux légumes. Si Léo ne lui faisait pas signe d'être silencieux, il se serait sûrement mis à chouiner. Puis la chose prit une forme plus nette : celle d'un revenant... C'était bien le pire qui pouvait arriver. Il redescendit de sa chaise, encore effrayé par ce qu'il avait vu. Au point de pousser un cri bref quand il sentit quelqu'un l’attraper : Il en avait oublié Léo, qui s'était mis à sa taille et le serrait aux épaules. Il lui ordonna d'aller se cacher, et dit qu'il s'occupait de la chose. Au fond, Allan savait son ami capable de ça. Mais il restait inquiet pour lui... Jamais il ne supporterait que d'autres proches eurent, surtout dans son propre jardin. Il sécha la larme qui pointait et fit mine de partir

"Fais attention à toi s'il te plait."

Et il se glissa dans la remise à fruits. Il attendit un moment, puis ressortit du placard. Ce n'était pas prudent de sa part, pas du tout. Mais c'était trop silencieux dedans. Trop sombre trop... isolé. Il se glissa jusqu'à la fenêtre et observa dehors. Il pleuvait à verse.... Comme il s'en voulait ! S'il avait su ce qui se passerait, il lui aurait dit. Mais c'était trop tard... Et déjà Léo affrontait la chose. Même d'aussi loin, avec le rideau de pluie, il voyait les bras du paysan tomber l'un après l'autre. Un moment de confusion pour l'enfant, qui ne remarqua pas que son cache-oeil glissait, puis il vit Léo se relever. Dur de dire de loin, Allan l'espérait sans blessure. Il tenait quelque chose. Autre moment de confusion. Puis Léo revint vers la maison. Quand il ouvrit la porte, l'odeur de la mort prit l'enfant à la gorge. Mais autre chose de bien plus fort monta. La petite chose se jeta sur son ami trempé, et le serra le plus qu'il pouvait. Bien sûr, l'enfant était en larmes :

"Lééooooo... Pa, pardon... J'suis désolé... J'ai pas o-obéi ! Et... et... Si j'aurais su... J'te supplie, pardooon."

Après un moment de panique, il e rendit compte que son voisin ne devait pas voir de quoi il parlait. Il releva un peu la tête et essaya de parler calmement :

"J'savais qu'il allait pleuvoir. J'ai vu plein de limaces dans mes choux. J'aurais du te l'dire... Ouiiiiiiiiin"

Il repartit en sanglots, incapable de s’arrêter. En plus d'avoir son potager saccagé, d'avoir peut-être risquer la vie d'un ami, les yeux du paysan lui avait rappelé le feu, qui ici même, lui avait pris un œil et ses parents. Il resta collé au grand, le visage enfoui contre son manteau. Quitte à attraper un rhume, de toute façon il tremblait déjà depuis un moment. Dire qu'ils devaient juste déjeuner comme deux bons amis... A croire que la malédiction refusait le moindre moment de joie et de détente.
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MessageSujet: Re: Prends un siège, gamin   Dim 30 Déc - 22:36

La "mort" d'un des leurs n'était rien pour eux. Après tout, ils l'étaient déjà tous. Ce que les humains ne comprenaient encore pas, et ce même après plus d'un siècle de lutte désespérée, c'était que sous la malédiction de l'Étranger, rien ne se perdait jamais. Pas même une marionnette à la chair décomposée s'écroulant, dépecée une seconde fois. Au loin, et ce malgré le tintamarre de la pluie battante, des râles résonnèrent, portés par le vent. Et des silhouettes déchirèrent le proche horizon en une meute transportée par l'odeur infecte. Deux. Trois. Quatre. Des carcasses qui ne devaient pas se traîner bien loin de là. Après tout, les champs étaient proches.

Une femme et trois hommes. Voilà ce que vous auriez pu voir si vous décidiez de les observer de près. De très près. Il ne s'agissait plus d'êtres sexués dès lors que des lambeaux d'une peau grisâtre pendaient de leur visage, les rendant tristement méconnaissables. Ce qui fut autrefois une charmante demoiselle n'avait plus pour seule arme que ses doigts osseux et la force hystérique que lui octroyait la mort. Deux des hommes traînaient chacun derrière eux une fourche de bois usée. Le dernier, les restes d'une chemise à carreaux sur le dos, soulevait avec peine une demi-hache. Ils atteignirent l'endroit où reposait le corps putride de leur camarade dans un dernier râle. Comme s'ils auraient pu à ce moment vomir leurs organes nauséabonds, même si ceux-ci n'étaient déjà plus que l'ombre d'eux-mêmes.

Ils ne s'intéressèrent pas immédiatement au potager, ni à la maison où se trouvaient Léo et Allan. Non. Ils s'agenouillèrent près de leur congénère et entreprirent de le dévorer.

Goulûment.


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Léo Dool

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MessageSujet: Re: Prends un siège, gamin   Lun 31 Déc - 4:09

Lessivé et lassé, Léo ne savait plus trop quoi pensait... A l'origine, il voulait juste manger un peu, juste passé un moment agréable avec Allan, et rien d'autre. S'échapper de la boucherie qu'il serait peut-être amené à effectuer le lendemain. Vendredi, fameux jour maudit. Le messager aurait aimé pouvoir dire avec honnêteté que désormais, ce jour le laissait indifférent par rapport à un autre, mais il ne s'y était toujours pas habitué. Si seulement toutes ces horreurs pouvaient bien disparaître. Juste cesser d'exister...? Quel atroce châtiment immuable sur Collinstown... Allan se recroquevillait presque contre lui. Il empestait la mort, mais le garçon l’accueillit quand même. Léo aurait préféré qu'il se garde de se moucher dans ses vêtements déjà mal en point, mais passons, il les lavera dans deux jours.

"Oh Fuck..."

Léo vit par la fenêtre de nouveaux arrivants, et ils semblèrent moins abîmés. Il souleva le garçon et l'assit sur la table. Posant sa main sur celle de l'enfant, il essaye de paraître aussi rassurant que possible. L'exécutant força Allan à le regarder dans les yeux. Si jamais il tournait son regard vers la fenêtre, il pourrait repartir en sanglot, et ce n'était vraiment pas une bonne idée dans cette situation. Se débarrasser d'un était déjà une forte gêne, plusieurs fois il s'était blessé par imprudence. Ce jour fut juste un coup de chance foudroyant pour lui. Mais à présent, il ne vit que cela n'était qu’une prémisse pour une journée des plus morbides... Que faire...? Tout barricader...? Les autres villageois ne viendront pas aider. Le jour du chacun pour soi était le vendredi, mais il arrivait que d'autres jours favorisent cet état d'esprit. En sortant par la fenêtre, de l'autre côté, ils pourraient avoir la possibilité de s'enfuir. Mais n'est-ce pas imprudent de sortir maintenant ? Bien sûr que si, mais rester le serait tout autant... Il devait se calmer et chercher la meilleure solution... Rester et barricader, sortir et s'enfuir. S'ils sortent, ils pourront tenter la maison de Léo, rejoindre l'étage serait plus sécurisant, et puis ce n'était pas si loin que ça. Mais trop risqué, ils rentreraient dans le champ de vision de ces revenants infects. L'auberge ou la mairie ? L'auberge serait parfaite.

Léo avait trouvé ce qu'il fallait faire, il disposa un meuble devant la porte à la place de la chaise trop fragile. Puis, il serra doucement Allan dans ses bras pour le rassurer, le sentant encore un peu fébrile.

"On va jouer Allan... Tu aimes les jeux, pas vrai ? Comme tous les enfants ? Tu vas voir c'est très simple. On va faire la course jusqu'à l'auberge. Comme tu es plus jeune, je te ferais sortir par la fenêtre avant pour que tu ais de l'avance..."

Le gosse n'était pas si dupe que ça, et avait sûrement comprit pourquoi Léo agissait ainsi. Ce dernier comprenait d'ailleurs le risque de faire sortir le garçon en premier, si un revenant décidait de faire le tour à ce moment, le gamin se ferait bouffer sous ses yeux. Non, cela ne devait pas arriver... Léo s'arrangera d'une manière ou d'une autre pour qu'ils s'en sortent indemnes...

"Je te pardonnes pour ne pas avoir obéit avant, mais là, il faut qu'on se serre les coudes. Sans cela, on pourrait bien périr tous les deux. Compris, Allan ?"
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Allan Shearer

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MessageSujet: Re: Prends un siège, gamin   Mer 2 Jan - 12:28

*Tes parents sont morts, le feu a eu raison d'eux. Tu aurais pu mourir aussi. Estimes-toi reconnaissant envers le Ciel de t'avoir épargné petit... Estimes-toi reconnaissant... reconnaissant...*

Quand Allan rouvrit l’œil, Léo l'avait assis sur la table. Il lui tenait la main et le forçait à le regarder... Ce n'était donc pas fini ? Il y en avait encore ? C'était le plus probable, quand on voyant Léo bouger les meubles. L'enfant n'osait pas parler, trop peur de le déconcentrer. Il devait déjà réfléchir à ce qu'il fallait faire. Ce n'était plus une malédiction mais un enfer que cette journée, qui avait commencé si bien. Un ami, de beau légumes, un bon bouillon... Une fois la porte bien protégée, Léo serra Allan contre lui. Allan se sentait très bizarre : un tel acte de la part de Léo ne pouvait être que mauvais signe, mais en même temps, ce contact rassurait l'enfant. Parlant doucement, il lui proposa de faire un jeu. Une course. Jusqu'à l'auberge... Ce devait vraiment être catastrophique Dans quel état allait finir son pauvre jardin ? Non, ne pas penser à ça. Penser à survivre. L'adulte continuait de le serrer. Il lui pardonnait tout, mais lui expliqua bien qu'il fallait Allan fixa Léo et hocha la tête, tentant un fin sourire à travers les larmes :

"D'a... D'accord. Je ferais quoi une fois à l'auberge ? J'y rentre ?"

Ne pas perdre espoir. Léo savait quoi faire. Reste souriant quoi qu'il arrive... C'est ce qu'il s'était juré. Sourire. Il fallait y aller, mais avant le petit garçon prit un sachet avec lui... Allan se glissa par la fenêtre et se mit à courir sous la pluie. Il n'avait pas peur de glisser, après tout il passait son temps à courir dans la boue. Alors quelque pavés... A mi-chemin, une douleur vive le fit s’arrêter. De la pluie tombait sur son œil blessé... Son cache-œil ! Il avait du tomber sur la route ! Un instant Allan voulut faire demi-tour, mais il se rappela les paroles de Léo, qu'il répéta pour lui.

"Il faut qu'on se serre les coudes. Ou on pourrait mourir."


Et il se remit à courir, protégeant sa cicatrice avec sa main. Il le reprendrai quand tout sera arrangé. Mais il restait inquiet : où était Léo ? Est-ce qu'il arrivait ? On lui avait toujours dit de penser d'abord à lui dans ces cas-là, mais il en était bien incapable. Plus de mort, non ça. Plus jamais il ne voulait voir de mort.


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MessageSujet: Re: Prends un siège, gamin   Mer 2 Jan - 16:37

La chair décomposée se trouvait être rapidement déchirée par leurs mâchoires édentées. Ils feraient n'importe quoi pour se nourrir. Ils avaient faim, si faim, tellement faim. Ils se relevèrent lorsque les derniers morceaux putrides tombèrent de leurs lèvres. Cela ne leur suffisait définitivement pas. Alors, comme commandés par un cerveau unique, ils recommencèrent à se mettre en route, traversant progressivement le potager boueux, traînant leurs armes derrière eux pour ceux qui en possédaient, s'approchant doucement de la maison à laquelle ils s'intéressaient enfin. L'équation était claire dans leurs têtes putrides : qui dit maison dit humain dit nourriture.

Lorsqu'ils l'atteignirent finalement ils remarquèrent, après avoir tenté de forcer le passage, que la porte était malheureusement bloquée. Tous lâchèrent à l'unisson un râle ignoble, signe de leur mécontentement primaire. Mais en bons chasseurs, ils savaient s'y prendre. Ceux qui furent jadis deux hommes et qui possédaient des fourches entreprirent de lentement faire le tour du bâtiment, tandis que les deux autres restaient près de la porte. Le revenant doté d'une hache, utilisable malgré son piètre état, commença à lentement la soulever de ses bras décharnés avant de finalement parvenir à l'abattre sur cette barrière qui se dressait face à eux. L'arme traversa une première fois la porte et il passa ensuite quelques instants à la déloger, gémissant.

Les deux autres, quant à eux, achevaient de contourner la maison du jardinier. Au moment même où ils apercevaient Allan courant. Il ne leur en fallu pas plus pour se lancer à sa suite dans de nouveaux râles...


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MessageSujet: Re: Prends un siège, gamin   Ven 4 Jan - 18:18

La situation commençait à dégénérée, et Léo n'en avait plus aucun contrôle. Les revenants derrière la maison se faisaient violence pour percer la porte de la maison, mais y renoncèrent relativement vite. Si Allan devait partir, c'était le moment. Le messager ouvrit la fenêtre et fit passer la garçon de l'autre côté. A cet instant précis, le jeune homme sursauta, en entendant puis en voyant la hache dans la porte derrière lui. Ces monstruosités avaient un bon attirail et fort de leurs 50 points de QI, ils parvenaient à utiliser leurs armes. Cela aurait été fort préférable qu'ils confondent leurs fourches et haches avec des branchages ou des mottes de terre. Même si une motte de terre dans l'œil, ça fait mal quand même...

Néanmoins, il fallait penser à freiner l'avancée de ce revenant décérébré qui tentait de fracassait la porte. Les deux derrière celle-ci avaient assez de force et une endurance telle qu'ils y parviendraient si on ne faisait rien, probablement... Les deux...? Léo eut un instant de terreur, par la fenêtre, il n'en voyait que deux à la porte. Il se retourna et entendit des cris, puis commença à les voir. Ils poursuivaient Allan ! La maison du gosse attendra, on lui fera une belle porte toute neuve plus tard, mais il faut sauver le gamin. Léo passa par la fenêtre et s'élança à la suite des revenants qui étaient eux-mêmes en course derrière l'enfant. Il se stoppa, raclant le sol, et se saisit d'une pierre qu'il envoya dans le dos de l'un des deux. Sortir son couteau serait presque comme dire qu'il cherche à se suicider, il fallait fuir, les tenir à distance du gosse et ensuite se mettre à l'abri. Et surtout en vitesse, avant que les deux derniers ne se ramènent.

"Allan, cours et mets toi à l'abri !"hurla Léo, cherchant à être libre de mouvements, sans se soucier de l'enfant

Ce cri d'alerte aurait sûrement tôt fait d'alerter les revenants et même le village. Surtout que Léo n'était pas du genre à plaisanter sur ce point, compte tenu de son travail. Si Allan gagnait l'auberge ou qu'il apparaissait comme trop loin pour les monstres, ceux-ci se rabattront sur la chair fraîche la plus proche, à savoir Léo. Faisant donc de grands gestes et des sons tonitruants pour attirer l'attention de tous, il espérait que cela serait suffisant à motiver les morts à venir le croquer. Prêt à fuir en faisant des petits bonds, propres sur ses appuis, le messager était prêt à courir pour sa survie ou à s'élancer vers Allan pour l'aider.
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MessageSujet: Re: Prends un siège, gamin   Sam 2 Fév - 10:23

Un corbeau croassa.

La porte de bois céda sous les assauts répétés des zombies qui purent enfin pénétrer à l'intérieur de la bâtisse dans un râle triomphant. Un triomphe qui se transforma rapidement en une nouvelle frustration lorsqu'ils constatèrent que l'endroit était désormais vide. Gémissant, ils revinrent sur leurs pas, se traînant lentement, portant le poids d'efforts vains.

Les deux autres zombies furent stoppés dans leur course vers le jeune Allan, l'un deux venant de recevoir une pierre ayant ricoché sur son corps décharné. Ils se retournèrent dans un marmonnant baveux afin de faire face à Léo, gesticulant et hurlant.

Un corbeau croassa, hilare.

Après avoir raclé le sol de leurs fourches le temps de quelques pas, les zombies poussèrent en un immonde chœur un nouveau râle, levant leurs orbites vides vers le ciel sombre. Ils gémirent, avant que les quatre créatures ne se rejoignent finalement, après une marche qui avait semblé une éternité.

Les quatre zombies, dos à Léo, rebroussèrent soudainement et lentement chemin, achevant sous le poids de leurs restes de semelles les légumes du jardin boueux.

Ils iraient trouver un repas leur demandant moins d'efforts.


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