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 La Légende de Collinstown

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L'Etranger

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MessageSujet: La Légende de Collinstown   Dim 25 Nov - 20:56

La Légende de

Collinstown

On raconte qu'il y a, perdu au fin fond des plaines d'Irlande, un village cerné de bois et d'eau claire : Collinstown. La triste histoire de cette terre, toute l'Irlande la connaît. Bouche à oreille, conte pour enfants, moyen de vendre quelques livres en racontant cette histoire, le nom de Collinstown n'est pas mondialement connu mais a bien fait vivre et battre des cœurs.

Collinstown était une petite ville condamnée à disparaître avec le temps. Bâtie sur une falaise, la vie y était paisible, la communauté agréable et serviable, le temps pas toujours clément, mais un rayon de lumière présent en chacun. Les éléments naturels protégeaient le village, seuls les habitués retrouvaient leur chemin dans cette dense forêt. Protégé, mais coupé du monde extérieur.

Cette année de 1882, arriva par la mer un homme aux yeux d'un noir éclatant, dont le nom ne traversa pas les âges mais que l'on surnomma l’Etranger. Ce soir de tempête, la mer déchaînée et la froideur mordante du vent eurent raison de l’embarcation de l'homme, s'échouant sur les rochers au pied de la falaise. Celui-ci, blessé, réussit à remonter à la surface et suivre ce grand escalier glissant menant au village de Collinstown.

L'Etranger reçut un accueil très modéré. Les visages inconnus étaient rares ici, la méfiance et la crainte en étaient presque palpables. Un accord eut vite été trouvé, une fois remis de sa blessure, l'Etranger partirait et jamais ne reviendrait. Ainsi, l'Etranger passa de longues semaines reposantes à Collinstown, recevant les soins nécessaires à son rétablissement qui, tous les vendredis, étaient administrés par la fille du médecin, Aghna.

Il ne fallut que peu de temps pour que l'Etranger tombe amoureux de cette jeune femme, douce et étrangement sociable contrairement au reste de ses voisins. Aghna, connaissant les règles de Collinstown et les craintes de ses habitants, jamais ne lui rendit cet amour... Jusqu'au jour où, de nouveau sur pied, l'homme fit une terrible promesse à la jeune femme : la liberté. « Nous partirons ce soir, rejoindre mon Amérique, où je ferai de toi ma femme. » Après avoir secrètement attendu ce moment, Aghna accepta, si heureuse qu'elle ne pouvait cacher son aura de bonheur.

Son père n'était cependant pas fou et encore moins sot. Il comprit vite les plans de sa tendre fille et quel parent aurait laissé sa progéniture s'enfuir vers une terre inconnue accompagnée d'un étranger ? Le médecin fit ce qu'aucun enfant ne pardonne, il demanda aux amies d'Aghna, la fille du maire, la fille du berger et la fille du chasseur, d'aller trouver sa propre fille et de lui faire entendre raison, et surtout, de l'enfermer. Sans aucune issue, piégée et trahie par sa propre famille, par ses propres amies.

Pendant ce temps, le Conseil du village se regroupa, pour discuter de la situation. L'Etranger devait partir, or, il le refusait. Sans Aghna, l'homme aux yeux noirs ne se résignait pas à quitter le village. Comment pouvait-il croire qu'il pouvait ainsi voler la descendance d'un des membres les plus importants du village ? Et si encore l'Etranger avait été un enfant du pays... Peut-être, peut-être qu'il aurait été accueilli à Collinstown... Ses habits, ses expressions et sa religion différents des villageois, rien ne collait la seule solution pacifique était qu'il parte.

Le Conseil ne se donna pas la peine d'écouter les dires de l'Etranger. Le chasseur, accompagné du bûcheron et du pêcheur, emmenèrent l'homme, un sac en toile sur la tête et les mains liées, dans les bois. Mais, avant d'être arrivés de l'autre côté de la forêt, l'Etranger se rebella et réussit à blesser le pêcheur à la tête et retirer le sac de la sienne. Courant dans la direction opposée à celle vers laquelle ils avaient marchés tout ce temps, l'homme s'échappa, mais jamais ne retrouva Collinstown par sa volonté.

Les quatre jeunes femmes étaient réunies dans la chambre, les appels de raison se mêlant aux cris accusateurs, aux gestes brusques et aux hurlements de désespoir. Aucune ne comprit l'attachement qu'avait Aghna pour l'Etranger. « A quoi penses-tu ? Tu ne seras jamais chez toi dans son pays, tu seras l'Etrangère ! », « Reste avec nous Aghna, on est ta famille ! Tu seras reniée si tu pars ! », « Il est le mal incarné, il ne croit pas aux mêmes choses que nous, ouvre les yeux. » Mais rien ne pouvait faire entendre raison à la fille du médecin. Incapables de comprendre et lassées des pleurs et des plaintes, les jeunes demoiselles laissèrent Aghna seule dans sa chambre à l'étage. « Elle finira par s'en remettre, l'Etranger doit déjà être parti. »

Dans les bois, l'homme aux yeux noirs désespérait de ne plus jamais pouvoir revoir le visage de sa douce. Entre deux arbres, il s'effondra. Mais cela ne dura pas, vite rattrapé par les trois villageois, le pécheur plus en colère que les autres encore. L'Etranger ne s'en tirerait pas cette fois, il avait eu sa chance. Ramené au village et balancé sur la place publique, battu à coups de pied, non, cette fois, il ne s'en tirerait pas.

Le maire apprit comment l'Etranger s'était conduit et décida que, s'il disait que rien ne pourrait le séparer d'Aghna, la mort ferait bien son travail. Le village entier se réunit au son des cloches de l'église. Le pasteur lut quelques paragraphes bien choisis pendant que le chasseur et le berger préparaient le passage de l'Etranger vers l'au delà. Les flammes des torches illuminaient la potence et les visages de tous, se reflétant dans leurs yeux grands ouverts, répondant à l'appel du spectacle et du sang.

Alors que les lèvres se déformaient, criant leur envie d'en finir et de passer à la fête, on sonna de nouveau les cloches à l'église, tout ce bon tintamarre parvint aux oreilles d'Aghna, qui comprit. Impuissante. Priant que ses grands yeux noirs se posent sur un bien plus doux paysage de l'autre côté.

L'Etranger, avant de subir sa sentence, hurla, des mots que peu de personnes entendirent avec toute cette agitation, mais que tous comprirent plus tard. « Soyez maudits vous qui me punissez d'aimer ! Qu'en ce jour, qu'à cette heure vous apporte le malheur ma mort, si ma promise à jamais s'endort ! Que mes cauchemars puissent vous hanter jusqu'à ce qu'un soit sacrifié. Collinstown, qu'à jamais le temps te soit retiré par mon amour sanctifié ! »

On raconte qu'une fois pendu, le corps de l'Etranger s'est volatilisé en une centaine d'oiseaux noirs qui prirent feu dès le premier battement d'aile alors que les cloches sonnaient pour la dernière fois à 23h33, la mort tant attendue. Le berger, prenant à la rigolade les derniers mots du défunt, égorgea une de ses moutons comme sacrifice et tout le village put goûter de la chair de la bête, danser et chanter.

Le lendemain, Aghna fut de nouveau autorisée à sortir de sa chambre. Les jours passaient et personne n'entendait un seul mot sortant de sa bouche. Ses amies finirent par ne même plus chercher à tirer quoi que ce soit d'elle. Et, un beau jour, Aghna disparu. La thèse adoptée par tout le village fut le suicide, la jeune femme s'était jetée de la falaise par désespoir. Evidemment, sa famille était effondrée. Le père ne tint pas le coup face à la mort de sa tendre fille et se donna la mort.

Personne n'oublia la douce Aghna qui s'était fait voler le cœur par l'effroyable Etranger de Collinstown... 

FIN


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